28 février 2015

Les 50 nuances de ta mère

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Cette semaine, je me suis projetée. Non pas que vos petites bobines me donnent envie d’être à demain mais une maman ne peut s’empêcher, parfois, de vous voir plus grandes. De vous imaginer dans un métier, dans une vie que vous vous serez fabriquée. Cette semaine les rêves d’avenir, le coin de la bibliothèque et les années passées ont fait le travail.

 

Je me suis demandé comment j’allais, un jour, vous expliquer le tourbillon des années. Les aléas, les surprises, le hasard, la dèche et l’envie. Est-ce qu’il me sera humainement possible de mettre des mots sur les nuances, les angoisses et les éphémères ? Une mère est-elle un livre ouvert ou un journal intime fermé à double tour ?

 

Je pourrais peut-être commencer en vous expliquant qu’à force de regarder là-haut, à force de chercher un sens à tout ça, je n’ai pas construit de cathédrale qui pointe le ciel. Toutes mes interrogations verticales ont été vaines. Et si je regarde autour de moi, je suis comme beaucoup, meilleure dans les constructions horizontales. Meilleure dans le réel. Le ménage, les commissions, le mal de dos et la déco.

 

Je devrais vous dire que les choix ça paraît pas bien méchant, mais qu’au fond, c’est sacrément dur. Sacrément usant. Et que quand on a mis toute la certitude que l’on avait dans ses poches là, sur une table, à la merci d’un choix, et bien on doute. Encore et toujours.

 

Il me faudrait vous parler des chemins que l’on a croisés. Toutes ces personnes. Toutes ces vies mêlées, belles, tragiques. J’aimerais réussir à vous faire comprendre que ces directions doivent sillonner vos mains et les battements de votre cœur pour l’avenir, mais que le rétroviseur peut aussi vous jouer de mauvais tours.

 

Je serais obligée de vous dire qu’il faut s’arrêter de temps en temps. Même au milieu d’une soirée. Il faut vous regarder. Regarder le visage des autres et tout imprimer. Tout garder précieusement pour les jours gris. Mettre des petits riens dans des boîtes à trésors. Les rides au coin des yeux, quelques fous rires, des objets d’enfance, des photos mal cadrées et des notes de musique.

 

Aimez aussi le temps qui passe et qui transforme. Les saisons. Regardez le vent en face, caressez l’herbe, humez les orages et chauffez vos cheveux aux après-midis de juillet. Enlevez vos chaussures devant les ruisseaux et écoutez le chant des oiseaux comme si c’était à chaque fois une nouveauté.

 

Je vous mettrais en garde sur plein de choses. Sur le fait qu’il ne faut pas trop parler. Que le vrai pouvoir c’est de réfléchir avant. Qu’il faut garder des mots pour soi au risque de paraître timides ou mystérieuses pour un temps.

 

Je vous encouragerais à essayer. Même si ce n’est plus l’âge, pas encore l’heure ou pas de bon ton. Essayez. Lancez-vous vers ce qui vous touche et vous attire. Tentez vos chances car vous en aurez plusieurs, mais ne les laissez jamais sur le bord de la route.

 

Enfin, il me faudrait inévitablement vous prévenir que vous perdrez des gens. Certains de vue, d’autres pour toujours. Et que c’est avant de les perdre qu’il faudra leur lancer des « je t’aime ». Qu’il faudra leur prendre la main, les taquiner, les respirer aussi. Avant qu’ils vous quittent. Je vous rassurerais en vous disant que c’est dans l’ordre des choses et qu’on ne serait pas vivant si on ne faisait pas l’expérience de la mort.

 

Pour tout le reste, soyez des nuances. Moquez-vous de la solitude. Faites comme vous pouvez. Dansez au milieu de la cuisine. Lisez n’importe quoi de n’importe qui, car c’est en lisant qu’on se fait des opinions et des avis avant que les autres se les fassent pour nous. Pour tout le reste, soyez des milliers de nuances de vous-mêmes. Soyez heureuses. Souvent.

 

Bien à vous.

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21 février 2015

occupez-vous de l'intervalle

Article 30 => ici

s'occuper de l'intervalle

vivre le présent

ce que je retiens de wolinski...

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bien à vous..

 

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14 février 2015

être le plat ou le gratin ?

serrerlespoings

petit texte au milieu de ce monde... entre morceaux choisis et dindons de la farce...

Lire ici / article 31 / lire ici

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02 février 2015

dans la tête d'une maîtresse d'école

Cette semaine j’ai appris. Cela peut paraître aberrant, une enseignante qui apprend. Un peu comme un chauffeur routier qui roulerait à nouveau avec un L à son pare-brise, ou comme un banquier qui se remettrait aux calculs en colonne. J’ai appris. J’ai été remise à ma place, face aux réalités.

 

Cette semaine, j’ai fait une cure de grandeur. J’ai écouté. L’ampleur et la complexité de l’école et de son rôle m’ont fait taire. Je n’ai plus rien su. C’est très bien un enseignant qui ne sait plus. Je crois même qu’il faut s’en méfier. Savoir c’est s’asseoir sur les choses. C’est se suffire de ce qu’on fait. Alors que ne plus rien savoir c’est toujours recommencer. Sans cesse réinventer.

 

J’étais bien moi dans ma petite classe entre le radiateur et mes façons de faire déjà assises. Déjà rodées. J’étais bien dans les routines, la poussière des craies et les punitions qui chialaient dans un coin, tristes de sentir qu’elles ne servent à rien. J’étais bien. Cette « balade des savoirs » j’aurais pu ne pas lui ouvrir la porte. Pas l’envie, pas le temps, pas la curiosité même. J’aurais pu la laisser filer dans le vestiaire comme on met aux vieux papiers une publicité mensongère.

 

Seulement voilà, j’ai ouvert ma classe. Un peu à reculons au départ. J’ai laissé entrer la balade et avec elle, un joyeux projet s’est installé sur les murs et dans l’envie des élèves. Autour du mois d’octobre, l’échéance était donnée : Daniel Picouly, écrivain français, allait venir à la rencontre des enfants le vendredi 16 janvier. Soudainement, la machine s’est mise à ronronner : « Ou pourrait écrire un livre ! », « On pourrait lui demander des trucs ! », « On pourrait lui faire des dessins ! »

 

Les « on pourrait » ont envahi la classe et notre temps s’est articulé autour de ce conditionnel cher à leur cœur. C’était bien joli tout ça, mais j’allais caser où mes heures d’orthographe, de géographie et d’éducation physique ? Après les plaintes, je me suis souvenue que face aux élèves, il n’y a aucune obligation protocolaire, aucune démarche méthodologique à suivre à la lettre. Face aux élèves, il y a quelqu’un qui a fait le choix de sauter sans cesse entre motivation, objectifs et imagination. Face aux différences des enfants, il y a quelqu’un qui doit bricoler des liens, qui doit renforcer des attitudes et soutenir cette envie si fragile et diffuse.

 

Me rappelant que j’étais ce quelqu’un, il me fallut donc ordonner les « on pourrait » et utiliser l’excitation ambiante pour en faire un chemin viable jusqu’au jour J. Rien ne fut rose, rien ne fut noir. Et la rencontre arriva, sorte de fenêtre ouverte dans la classe. Sorte de mélange improbable de paroles d’enfants et de leçons de sage. « La balade des savoirs » avait commencé, semant sur son passage réflexions et discussions.

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Au-delà des interrogations enfantines, Monsieur Picouly et les autres intervenants de la balade ont certainement planté des graines dans la tête de ceux qui ont su les écouter. Ces petites graines, je tente de les garder pour ensuite les faire pousser et voir si je suis bonne jardinière. Voici quelques phrases attrapées ici et là, que chacun de nous devrait lire parfois :

 

 

« Un bon enseignant, c’est celui qui conjugue ses élèves au futur. »

« Les adultes de demain doivent apprendre à ne pas être dépendants de leurs émotions. »

« Est-ce que l’école a intérêt à ce que les élèves ne réfléchissent pas pour obéir ? »

« Les jeunes en formation, pour être les adultes de demain, devraient pouvoir se construire un ensemble de projets. »

« L’école d’aujourd’hui, répond-elle aux besoins des jeunes d’aujourd’hui ? »

« N’enseigne-t-on pas seulement ce que l’on peut corriger ? »

« Il faut tout un village pour éduquer un enfant. »

« Si déjà on apprenait ensemble à regarder ce qui se passe à l’école, peut-être que l’on pourrait modifier ensemble la formation des jeunes. »

« Quand déciderons-nous de jeter un certain nombre de savoirs ? »

 

Maintenant, il n’y a qu’à…

 

Voir les enfants dans leur entier, accepter leurs différences, les comprendre, c’est leur donner la chance de grandir. Voir les enfants comme ils seront, comme ils veulent devenir c’est aussi leur montrer la route. Conjuguons les élèves au futur ! Cette exclamation fait écho à un certain professeur de HEP qui nous rappelait d’une voix grave : « Faites-moi chanter ces gamins ! » Et si chanter et conjuguer faisaient bon ménage ? Et si se balader dans les savoirs n’était pas si compliqué que ça ? Utopie ? Réalité ? A chacun d’en juger ! Tout ce que je pense savoir grâce à cette semaine, c’est qu’il y a encore du travail et que jamais nous ne cesserons de remonter nos manches.

 

Bien à vous.

 
 

Conférence chez Gianadda : http://www.spval.ch/balade-des-savoirs-2015/streaming-en-direct/streaming-en-direct/view

 

 

John Lennon : « Quand je suis allé à l’école, les enseignants m’ont demandé ce que je voulais être quand je serai grand. J’ai répondu : heureux. Ils m’ont répondu que je n’avais pas compris la question. J’ai répondu qu’ils n’avaient pas compris la vie. »

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05 janvier 2015

les infinis

article 27

 *** clique ici !! ***

"le maintenant pour toujours..."

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20 décembre 2014

quelques souhaits..

article 26

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06 décembre 2014

images et instants...

 

article 25

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bon samedi à tous!

 

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08 novembre 2014

de saison..

 

une année que j'ose des p'tites bricoles... ou quand un cortège de feuilles mortes t'inspire...

article 24 ICI ICI...

feuilles-vent

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25 octobre 2014

Vendre l'après...

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Article 23 - par ici !!

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23 octobre 2014

Le vrai, le beau...

Avec un peu de retard.... quelques mots...

Article 22, clique ici !!

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